Etape 6 : Pierre à Bérard - Lac Blanc
Durée : 5 h

La balade est une merveille de paysages alpins, dans le splendide massif des Aiguilles Rouges. Face à nous, le Mont-Blanc ne nous a jamais paru si beau.
Possibilité d'un départ à la journée :
Départ : Plan Praz (Chamonix, à 30 km de Praz sur Arly) avec possibilité de raccourcir la montée grâce à la télécabine de la Flégère
Arrivée : Lac Blanc - vue magnifique et randonnée assez facile
Durée A/R (donnée à titre indicatif) : 5h
Pour plus de détails, consulter la carte de randonnée locale
Le réveil au centre d'un espace aussi sauvage que la Pierre à Bérard nous offre ce sentiment unique, indescriptible, d'avoir quitté le monde trop compliqué de la civilisation. Le sentier que nous empruntons ce matin glisse lentement le long d'un torrent dont les clapotis nous accompagnent gaiement. C'est un vrai plaisir que de marcher dans ce vallon peu fréquenté à cette heure. Après une heure de marche, aux abords d'une ravissante forêt de mélèzes, nous entendons le bruit sourd et attirant de la cascade de Bérard (1420 m).
Nous bifurquons donc pour admirer ce joli coin sauvage, admirant les chutes d'eaux que la fonte des neiges ne manque pas d'alimenter. Juste à côté, nous découvrons la grotte du Faux-Monnayeur. Il s'agissait du repaire d'un fils de paysan qui vivait au-delà du Col de la Forclaz (prononcez " forcle " si vous ne voulez pas passer pour un touriste !) en Suisse. Farinet, c'était son nom, découvrit dans les montagnes alentours de riches filons aurifères. Il fabriqua alors de superbes pièces d'or, activité illégale qui lui valu arrestations et évasions à répétition. Chaque fois, il retournait dans sa grotte pour fabriquer ses pièces. A l'époque, l'endroit n'était que peu accessible et demeurait secret, sauf pour les gens du pays, qui protégeaient Farinet. Un jour, il fut cependant dénoncé et le repaire cerné. Ne voulant pas tomber aux mains de la maréchaussée, le faux-monnayeur tenta de s'échapper par la gorge voisine et fut emporté par le torrent de Bérard. Nul ne trouva jamais les fameux filons aurifères, qui disparurent avec la fin tragique de Farinet.
Nous quittons la cascade pour rejoindre la clairière de la Poya (1370 m) où l'on trouve de vieux chalets savoyards. De là part une route débouchant sur la RN 506 qui fait ici figure d'intruse. Nous la fuyons et nous engageons sur l'ancien Chemin des Diligences qui voyaient encore passer des attelages au siècle dernier. Plus bas se trouve le tout petit village de Vallorcine, porte du Pays du Mont-Blanc à la frontière de la Suisse. L'endroit, au charme préservé, offre une belle vue sur la majestueuse Aiguille de Loriaz. D'autant plus majestueuse que son nom provient de " Réal " (" le roi " au 17e siècle). La contraction du patois " lou réal " a donc donné " Lorriaz ".
Nous devons à nouveau traverser la route nationale avant de suivre le chemin botanique. Après une demi-heure de marche, nous atteignons le col des Montets (1461 m). L'endroit est très beau. Les prairies alpines sont parsemées de gros rochers. Malgré la proximité de la route, la flore a été sauvegardée dans ce secteur qui dépend encore de la réserve des Aiguilles Rouges. En contrebas, un chalet d'accueil (ouvert uniquement l'été) dispose de multiples sources d'informations sur l'endroit. Poursuivant notre visite du sentier botanique, nous remontons le tracé sinueux qui nous éloigne de ce monde trop fréquenté à notre goût. Reste que la circulation pédestre sur le chemin est tout de même importante. Et pour cause, nombre d'entre nous veulent rejoindre le cairn qui marque la Tête-aux-Vents, à 2130 mètres d'altitude. C'est chose faite en deux heures de marche.
L'arrivée sur le replat ne peut laisser personne insensible. Les superbes paysages aperçus durant la montée sont soudain happés par le panorama grandiose de la Tête-aux-Vents. Tout le massif du Mont-Blanc se dévoile devant nous. Il semble si proche que l'on paraît presque tenté de tendre la main pour toucher le plus haut sommet d'Europe. La Mer de Glace est juste en face. Elle serpente, comme les autres glaciers que nous observons, à la manière d'un torrent ou d'une cascade de glace. Pour un peu, nous la verrions bouger. Je ne sais combien de temps nous restons là à admirer ce décor sublime qui englobe l'Aiguille du Midi, le Mont Maudit, le Goûter, la Dent du Géant et tant d'autres sommets mythiques. La fin du parcours reste tout aussi envoûtante, entre rêve et réalité.
Nous dépassons les brillants lacs des Chéserys, continuant à profiter du spectacle de ce balcon unique sur le Mont-Blanc. Après quelques passages techniques, nous terminons notre randonnée en apothéose au refuge du Lac Blanc. Le lac est sans doute l'un des plus célèbres des environs, ce à juste titre. Les alentours lui confèrent un ornement unique de pierres et de glace. Avec les montagnes gigantesques qui se reflètent dans ses eaux, le lac se pare de cristal. Cristal dans lequel nous lisons sans la moindre hésitation la chance que nous avons de profiter, durant cette seule journée, de la beauté de tant de merveilles.
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