Etape 7 : Lac Blanc - refuge du Bel Lachat
Durée : 4 h30

La vue est toujours aussi magnifique depuis les sommets de Chamonix. Les grands espaces rocailleux qui mènent du lac Blanc au refuge du Bel Lachat, n'ont rien à envier aux splendeurs de la veille.
Il est bien difficile de quitter le lac Blanc et son petit refuge qui nous a accueillis pour la nuit. Le lac, scindé en deux, et ses environs sont magnifiques, tout comme la vue qui s'offre à nous. Le panorama grandiose sur le massif du Mont-Blanc est au programme pour toute la journée de marche. Non encore repus de la beauté de la chaîne alpine, nous nous en réjouissons et prenons le chemin de la Flégère. Sur le parcours, l'attrait touristique du site porte d'autres traces que les sentiers balisés. Nous croisons les pistes de ski et apercevons les câbles du téléphérique de la Flégère. La plupart des randonneurs choisissent ce moyen de transport afin de rejoindre rapidement le lac Blanc (une heure environ).
Passant devant la gare ( 1877 mètres ), nous observons la cohue des arrivées avant de prendre la route du fameux « grand balcon sud ». Superbe sentier, environnement somptueux, la balade est un régal. Un passage en cheminée vient même agrémenter le parcours, sans toutefois s'avérer compliqué : câbles et marches sont installés en nombre plus que suffisant. Nous rejoignons bientôt la cime des pins dont la forêt cache l'alpage de Charlanon. Des arbres, nous en avons rencontrés peu ces derniers jours. Mais c'est plus bas que la forêt prend vraiment toute sa dimension ; le sentier, lui, longe son sommet et évite la plupart du temps les quelques prairies découpées au milieu des futaies. Après tout la montagne est faite de roche : alors reprenons les sentiers caillouteux, direction Planpraz cette fois.
Situé à 2 080 mètres , le site abrite la gare intermédiaire du Brévent, télécabine qui part du centre de Chamonix. Car la capitale de l'alpinisme se trouve juste en contrebas de notre sentier. Cette vallée, longtemps jugée maudite par les hommes en raison de son froid et de ses caprices, royaume inhospitalier de pierre, de glace ou de neige, est devenue depuis 200 ans un site touristique incontournable. Les alpinistes, les sportifs et les grimpeurs ont à Chamonix leur paradis. Les familles en vacances préféreront, elles, la dimension plus conviviale du village des Houches, à l'entrée de la vallée. Le deuxième tronçon du Brévent est un téléphérique dont l'installation remonte aux années 1928-32 (l'actuel - rénové - date de 1988).
Il s'agissait à l'époque d'un exploit technique car la portée se fait sans aucun pylône sur une distance de 1 348 mètres avec un dénivelé de 515 mètres et une hauteur au sol de 350 mètres . Nul besoin de préciser que la traversée est impressionnante et vaut largement le détour. Pour nous, cependant, c'est une journée de randonnée qui est inscrite au programme et il faut nous résoudre à prendre le chemin qui contourne la pente par le col du Brévent. Le téléphérique était pourtant bien tentant !
Mais nous ne regrettons rien lorsque l'équipe débouche sur le col ( 2 368 mètres ). Nous avons une vue superbe sur le vallon de la Diosaz où nous sommes passés voici deux jours. Une variante permet d'ailleurs de rejoindre l'autre montagne en deux heures et demie.
Nous optons - à l'unanimité - pour le sommet du Brévent ( 2 525 mètres ) où nous retrouvons quelques visages déjà aperçus à la gare intermédiaire. Ils étaient là avant nous ? Qu'importe, place aux sportifs !
Nous profitons de la vue autour de ce joli plateau où l'herbe rase prend la couleur des rochers. Au loin bêlent les moutons. Au-dessus de nos têtes, les chocards prennent plaisir à planer au gré des vents ascendants.et bien frais. L'endroit est parfait pour sortir les jumelles car on peut profiter d'une vue exceptionnelle sur le Pays du Mont-Blanc. et retracer la plupart de nos étapes, riches de souvenirs. Demain, il faudra songer à retrouver le chemin du retour.
Nous allons nous consoler au sympathique refuge du Bel Lachat (du patois bel la stat, le bel emplacement) tenu par deux Savoyards à l'incomparable gentillesse : Georges Balmat et son épouse Paulette. Balmat, ce nom ne vous dit rien ?
Bien sûr que si, Georges n'est autre que le descendant de Jacques Balmat, vainqueur du
Mont -Blanc. Il a lui-même construit le refuge à l'endroit où se trouvait l'ancien, du temps des mulets qui montaient au Brévent lorsque le téléphérique n'existait pas.
Notre accompagnateur Robert Muffat-Joly, qui connaît bien les gardiens du refuge, a déjà vu Georges monter ci depuis Merlet avec une bouteille de gaz de 40 kg sur le dos car il n'avait pu arriver avant la fermeture du téléphérique ! Le gardien, en effet, ne manque pas de travail : il est aussi guide de montagne, menuisier et paysan. Un grand courage que nous ne pouvons manquer de saluer.
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