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Quand le Pratz-de-Megève devint une [COMMUNE INDÉPENDANTE]

En-tête générale - 14

L’Histoire de Praz se mêle à celle de Megève jusqu’en 1869, date à laquelle le village obtient son indépendance. Cela ne se fit pas en un jour. Et il faudra attendre 1907 pour que le Pratz-de-Megève devienne Praz-sur-Arly.

L’indépendance du Pratz-de-Megève ne se fit pas en un jour. La première requête des Pralins date de 1828. Elle n’aboutit qu’en 1969, après d’âpres négociations et jeux politiques. La commune prit le nom de Praz-sur-Arly en 1907.

En 1828, les Pralins font donc leur première requête auprès du roi Charles-Albert pour obtenir leur indépendance. L’administration demande alors l’avis de Megève qui s’oppose rapidement à cette requête, précisant qu’il est « hors de doute que ce précédent engagera la section de dessus Megève d’une population de 400 habitants à former une demande de séparation basée sur les mêmes droits et qu’ainsi d’une grande et florissante commune, il ne restera que trois communes qui ne pourront se suffire. »

Cette inquiétude n’est pas la seule motivation des Mègevans. Le désaccord porte aussi sur le tracé demandé par les Pralins dans le secteur de Cassioz car ils souhaitent utiliser les ruisseaux de Chevan et de Cassioz comme limite. Cela couperait le hameau de Cassioz en deux, ce que contestent les habitants du lieu qui veulent demeurer Mègevans.

Le 11 mars 1835, la nouvelle demande des Pralins est encore refusée car, pour Megève, la seule frontière acceptable est de suivre l’arête des montagnes depuis le sommet du Château jusqu’à Basse Combe.

En 1867, le Pratz fait une nouvelle demande. Cette fois, malgré l’opposition de Megève, le Conseil Général donne un avis favorable. Et ce pour des raisons éminemment politiques. En effet, en mai 1869, Megève apporte ses voix à l’élection d’un député catholique opposant à l’Empire. L’administration impériale, fort mécontente, valide alors la demande des Pralins suivant le tracé défavorable à Megève, sur la base d’une enquête unilatérale.

Megève tenta bien de prouver que le rapport de l’expert n’était pas objectif, la séparation fut rapidement validée par décret impérial, le 3 novembre 1869.

Voici le texte du décret :

« Napoléon par la grâce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Français, à tous présent et avenir salut.

Vu le rapport de notre ministre secrétaire d’Etat au département de l’Intérieur, vu les pétitions par lesquelles les habitants du Pratz demandent que cette section soit distincte de la commune de Megève pour former une commune distincte. nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Art. 1. La section de Pratz dont le territoire est indiqué par la teinte verte dans le plan ci-annexé est distincte de la commune de Megève, canton de Sallanches, arrondissement de Bonneville, département de la Haute-Savoie ; elle formera à l’avenir une commune distincte dont le chef-lieu et fixé à Pratz et qui en portera le nom.

Fait au palais de Compiègne le 3 novembre 1869.

Signé Napoléon »

Les tensions perdurèrent vraiment jusqu’en 1885. Une modification des limites communales fut engagée en faveur de Megève sur la rive gauche de l’Arly, dans le secteur de Cassioz. Cela mit un terme aux querelles entre les deux communes.

En 1907, le nom de la commune fut modifié et devint Praz-sur-Arly, sur proposition du Conseil Municipal le 2 juin qui statua en étudiant trois noms différents : Pratz-Ferrand, Pratz-Ferré et Pratz-sur-Arly.

Voici un extrait des délibérations du Conseil ce jour là :

« Sur des plaintes souvent réitérées des habitants et sur la proposition du conseiller Chatellard Jules, M. le Maire expose que pour cause d’homonymie, les fausses directions de lettres, colis, télégrammes, tendent à se propager, portant parfois de graves préjudices aux destinataires comme aux expéditeurs. La gérante du téléphone signale que surtout en été, ces erreurs se commettent par les étrangers qui omettent dans leurs adresses d’ajouter Megève à la suite de Pratz ou qui négligent la désignation du département. Ces envois prennent parfois les directions de Praz-Chamonix, de La Praz et autres ; comme aussi nombre de télégrammes arrivent aux Pratz destinés à d’autres localités homonymes.

«  Qu’en conséquence, pour remédier à ces inconvénients, il y a lieu d’ajouter, au nom simple de Pratz, un autre nom, pour former un composé homogène comme :

  • Pratz-sur-Arly, indiquant la position topographique de la commune, traversée par l’Arly, rivière dont les affluents parfois impétueux fournissent la truite renommée.
  • Pratz-Ferré qui serait tiré des sources ferrugineuses appréciées qu’on y rencontre.
  • Pratz-Ferrand, tiré de l’histoire ancienne, où jadis une célèbre foire se tenait dans un pré que traversait autrefois la route romaine et qui s’est toujours appelé depuis Pratz-Ferrand.

« Propose donc à l’Assemblée de choisir quel tirage elle désirerait adopter d’une façon définitive ; proposant en outre la suppression du t, de sorte que Pratz ne s’écrirait dorénavant qu’avec un z à la fin. »

Après délibération, l’appellation de Praz-sur-Arly fut choisie « en espérant que les pouvoirs publics voudront bien se prononcer dans l’affirmative en se rendant aux voux du public ».

Le nom fut définitivement entériné par l’Etat le 16 décembre 1907


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